Que signifie le repos divin du 7è jour ?
Le repos divin du 7è jour ?
Dieu serait-il sujet à la fatigue ?
Si oui, cela invaliderait de façon choquante sa toute-puissance. Donc, cela ne se peut.
Il nous faut aller chercher une autre explication. Et pour commencer, demandons-nous si le mot repos qui est utilisé ne résulterait pas d’une mauvaise traduction.
Dans ce but, envisageons plusieurs hypothèses.
Première hypothèse : Dieu a créé l’univers que nous connaissons concrètement, directement, personnellement, et ce il y a 6000 ans.
Cette croyance eut cours pendant plusieurs milliers d’années et jusqu’à aujourd’hui, puisqu’elle fait partie du credo des croyants dits créationnistes.
Si tel était le cas, l’univers étant depuis son début en constante évolution (comme l’établit la science), cela aurait interdit tout « repos » à son auteur.
Notons au passage que le refus de l’évolution par les créationnistes est d’autant plus incompréhensible que même le Dieu biblique a besoin pour accomplir son œuvre de l’étaler sur six longs jours – Or, ces jours qui dans le texte paraissent avoir a priori la même durée, correspondent en fait aux grandes périodes cosmiques et géologiques dont les durées respectives sont extrêmement inégales et totalisent près de 14 milliards d’années.
Seconde hypothèse : « Dieu n’a pas besoin d’intervenir dans l’opération de création car l’univers à la capacité de s’auto engendrer ex nihilo et d’évoluer de façon autonome » (ceci grâce aux diverses lois physiques et au hasard).
Il s’agit là de la conviction des non-croyants dit évolutionnistes dont les plus célèbres sont Darwin (ouvrage principal « l’origine des espèces » écrit au 19e siècle) et Stephen Hawking à notre époque (grand savant qui a érigé la loi de la pesanteur en demiurge cosmique).
Ces deux doctrines ont pour conséquence, soit de nier Dieu, soit de le condamner au repos éternel (puisqu’il ne crée plus rien). De plus, elles laissent sans réponse les quelques questions simples ci-après :
- Qui a doté l’univers de sa capacité d’auto-engendrement ex-nihilo ?
- Qui a créé la loi de la pesanteur et les autres lois qui sont des antihasards ?
- D’où viennent le Big Bang et les merveilles de la nature ?
- À qui ou quoi attribuer le réglage parfait et extrêmement complexe de l’univers où tout est relié ?
Dès lors, est-il vraiment sensé de s’en remettre à la vieille théorie de la génération spontanée (appliquée aux microbes) d’avant Pasteur ? à l’omnipotence du hasard et à l’absence de toute cause et finalité ?
Cette seconde hypothèse accrédite au contraire l’idée d’une intelligence, d’une sagesse suprême et d’un sublime projet. Elle discrédite au contraire l’aventure sans queue ni tête dont veut nous convaincre l’aveuglement incompréhensible de certains savants.
C’est la raison pour laquelle une troisième hypothèse plus éclairante est vraisemblable, se présente à l’esprit :
3e hypothèse : Dieu étant absolu, immatériel, et hors du temps n’a pu créer lui-même directement une œuvre temporelle opposée à sa nature, c’est-à-dire concrète, relative, et d’une durée prodigieusement longue.
Son œuvre personnelle a été celle d’un concepteur et d’un créateur de potentialités de la manifestation universelle et non des réalités qu’elle contient.
Dès lors, il n’y a plus lieu de parler de création de l’univers mais de manifestation concrète de ce qui avant elle a été créé dans l’abstrait (Ce qui est le cas de tout plan où tout projet).
Le texte biblique n’a pas trait à la création des réalités physiques proprement dites, mais à la mise en œuvre de leur concept. Il décrit le passage du stade non-manifesté au stade manifesté.
Ainsi est précisé le sens des trois phrases qui accompagnent l’acte créateur dans la Bible:
- « Que (la chose créée) soit »: intention-idée
- « et (la chose créée) fut »: conception achevé
- « Dieu vit que la chose créée était bonne »: constat de la conformité de la chose conçue à l’idée initiale (passage de l’image à la ressemblance).
C’est après accomplissement de sa tâche spécifique que Dieu confie à l’univers la mission de réaliser concrètement et progressivement l’infinité des virtualités conçues. La délégation s’accompagne de tous les moyens nécessaires au fonctionnement autonome du cosmos en marche vers ses finalités.
Ces moyens sont entre autres : l’énergie-matière / l’espace-temps / les lois naturelles/ la vie, l’instinct, la conscience /
C’est à ce moment là qu’il est dit que Dieu se repose. Et c’est également là que se révèle le caractère impropre du mot repos. Car en fait, il ne s’agit pas de repos, mais d’abstention, de retrait, d’effacement, de lâcher-prise, de délégation de pouvoirs.
Ainsi se trouvent départagés les croyants créationnistes des incroyants évolutionnistes ou darwiniens. Chacune des deux parties se voit imputer 50% de vérité et 50% d’erreur.
En effet, les premiers ont à moitié raison quant à l’existence d’un créateur et à moitié tort, quant à l’objet de sa création (celle-ci concerne les potentialités et non leur manifestation), tandis que les seconds ont tort quant à la négation d’un créateur et raison, quant à l’autonomie d’un univers évolutif.
Les deux commettent la même omission en ignorant la distinction entre potentialité abstraite et manifestation concrète.
Seule cette reconnaissance pourrait mettre fin aux stupides et violents conflits qui opposent aujourd’hui encore les partisans des deux doctrines.
N’est-il pas ahurissant qu’au XXIe siècle cette divergence de vues dresse les universités américaines les unes contre les autres ?
Tout ceci est une bien veine agitation, alors qu’il est grand temps pour l’Homme de « se reposer » afin de laisser Dieu se remettre au travail.
