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 Qu’est-ce que la quête du Graal ?

Origine du mot

D’après le traditionaliste René Guenon, le mot pourrait venir du latin « Vas » ou « Grasale » qui signifient vase ou « gradale » ou « graduale » dont le sens est livre.

Mais la signification la plus courante depuis le moyen âge, est celle de coupe au contenu précieux.

Rejoignant cette version, Graal dit aussi saint-Graal, viendrait d’une contraction de l’expression sang royal, sens qui sera explicité au paragraphe suivant.

La facture de cette coupe a grandement varié, allant de la plus grande simplicité à la plus extrême richesse.  

Il en est de même de son contenu, qui, tout en revêtant toujours une grande importance sur le plan symbolique, peut-être d’une grande diversité.

Les diverses significations du Graal

La principale explication est liée au dernier repas précédant la crucifixion (dit la « Cène ») au cours duquel Jésus-Christ fonde le sacrement de l’eucharistie en changeant le vin de sa coupe en son sang.

Après la crucifixion, un dénommé Joseph d’Arimathie aurait recueilli dans cette même coupe le sang s’écoulant de la blessure  du flanc gauche du Christ.

Faisant suite à ces récits, la coupe fut en religion comme en littérature comparée à la coupe sacrificielle ou d’amertume que l’on donne à boire à un supplicié (ce fut le cas de Jésus avant son arrestation ou de Socrate).

A l’inverse de ce symbolisme précédant un sacrifice, la coupe devint le signe exaltant :

  • de la victoire  du bien sur le mal
  • de l’abondance (la coupe rejoint la corne d’abondance) et de la joie
  • de la privation et de la déréliction (la coupe recueille dans ce cas tous les fruits du sacrifice consenti)
  • La coupe fut aussi celle de la vérité (qu’il s’agisse de celle du Christ ou de la nôtre), dont nous ne pouvons nous passer, ou que nous ne pouvons laisser vide, sans mourir spirituellement de soif.
  • Par sa forme de triangle inversé, (       ), la coupe fut aussi, et cela depuis la plus haute antiquité, l’image du principe et du sexe féminin, ou celle d’une matrice maternelle (le triangle pointé vers le haut symbolisant alors le principe masculin) .
  • La symbolique la plus récemment divulguée (bien qu’elle existe secrètement depuis le moyen-âge), a été mise en scène par le Da Vinci Code (Dan Brown). Dans cette œuvre, le saint-Graal est au cœur de la thèse de la descendance de Jésus-Christ, celle-ci étant portée par sa prétendue épouse Marie – Madeleine. Se rejoignent dans cet ouvrage les idées de principe féminin, de sang (évoquant le sacrifice et la vie), de royauté  (de sang royal, le Christ est aussi le roi de la création), de vérité (celle de l’enseignement christique et celle secrète de sa prétendue paternité) .

Après cet exposé, on peut se poser la question : le Graal est-il une belle et riche histoire à reléguer au musée des contes et légendes, ou correspond-il à une réalité de tous les temps, donc vivante et contemporaine, quoique cachée.

Le Graal est-il toujours présent et vivant ?

Afin de répondre à cette question, il parait nécessaire de dégager les traits essentiels de ce symbole à partir des diverses significations qui lui ont été attribuées au cours de l’histoire.

Ainsi, les caractères qui ressortent des usages de la coupe du Graal sont les suivantes :

  • Sacralité ou essentialité de ses contenus
  • Forme triangulaire inversée
  • Réceptacle du sang du Christ, c’est-à-dire de Dieu en sa manifestation.
  • Identification du sang du Christ à l’énergie qui irrigue tout ce qui existe.
  • Symbole de vie et de vérité, de conscience et d’amour, donc des plus grandes valeurs qui soient.
  • Guide infaillible de l’action, de l’évolution, de l’accomplissement (quête du Graal).
  • Témoin de tout bien (par son bon usage) et de tout mal (par l’usage erroné).
  • Transformation alchimique de tout mal en un bien supérieur (le métal vil devient précieux).
  • Omniprésence doublée d’invisibilité. 
  • Unique et vraie descendance du Christ. Toute descendance humaine serait dérisoire et problématique.

La seule vraie descendance du Christ est celle que peut incarner tout être humain qui, étant crée à son image (en potentialité), parvient en l’imitant, à sa ressemblance.

Cet objectif a été réalisé pour la première fois il y a 2000 ans par Jésus-Christ et s’offre à tous les êtres humains.

Apres énumération de ces caractéristiques, qui, si ce n’est par ignorance, cécité intellectuelle ou mauvaise foi, ne ferait aucun rapprochement analogique avec la loi suprême de l’univers (voir notre article sur ce sujet).

En effet, comme le Graal, la forme symbolique de la loi suprême est celle d’une coupe triangulaire.

Sa fonction est :

  • de relier le non manifesté (Dieu le père – Pater) – à la manifestation universelle (Dieu le fils – Sater), par la voie de leur relation et amour parfaits (Dieu Saint-Esprit – Mater)
  • d’assurer par ses principes et valeurs l’évolution correcte ou d’en corriger les erreurs (transmutation du mal en bien supérieur)
  • d’accomplir à la fois Dieu, l’humanité et le cosmos.

Dès lors, il apparait que la loi suprême de l’univers appelée aussi Deltaïque (en raison de son symbole triangulaire), peut très bien être identifiée au Graal du troisième millénaire.

Sa maîtrise et sa stricte observance par l’Homme à venir est son sublime objectif.

Cette loi graalique est destinée à « remettre Dieu au travail », au terme du 7è jour de son repos (cf Genèse biblique et l’article correspondant).

C’est par cette loi enfin respectée, que s’effectuera la remobilisation du divin, et que l’Homme pourra a son tour se reposer ; oh, certes pas en perdant sa vie dans la paresse, les loisirs et la jouissance, ni dans la poursuite des faux progrès proposés par la technologie et le matérialisme, mais en se conformant à cette loi qui seule peut le conduire vers son accomplissement affectif et psycho-spirituel.

Le Graal, comme la loi universelle est la réalité la plus omniprésente et cachée qui soit (du moins tant qu’on n’en a pas conscience). Sa profonde évidence est la cause de son invisibilité. Il est tout autour de nous, en nous, il est nous. L’heure a sonné de nous connaître mutuellement et de ne faire plus qu’un.

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